MADELEINE FIÉ-FIEUX

 

MADELEINE FIÉ-FIEUX s'est éteinte le 28 août 1995 au manoir de Squividan en Clohars Fouesnant près de Bénodet (Finistère]. Pourquoi évoquer ici la mémoire de cette généreuse personne que peu de Varennois actuels ont connu mais qui par ses qualités d'artiste a marqué l'histoire de la peinture réaliste bretonne ou locale!

Rappelons qui elle était et pourquoi nous rendons hommage à son souvenir dans ces quelques lignes.

Madeleine FIÉ naît le 23 septembre 1897 à Varennes-en-Gâtinais dans un milieu aisé. Ses grands-parents maternels, des commerçants, Joséphine & Denis Desforges, y possédaient une maison familiale où sa mère Joséphine, Maria avait vu le jour ainsi que son oncle Gaston (º25-03-1875)  qui devait sur le tard revenir au pays soigner ses concitoyens. Son père Emile Edouard Fié (º30-07-1873 †04-11-1952), était, de son côté, originaire d'Ousson près de Briare. Il était dentiste à Paris, rue de Passy ; sa femme Joséphine Maria Desforges (º14-09-1872 ×07-04-1896 †19-09-1958) ne travaillait pas encore à ce moment. La jeune Madeleine allait vivre une enfance heureuse entre les trois maisons familiales dont celle de Varennes, rue de Nogent..

Vers l'âge de 6 ans, elle entre au lycée Molière où elle reste jusqu'à l'âge de 16 ans, sa mère Joséphine Maria ayant pris depuis peu la gérance de la pharmacie de son oncle. Elle reçut l'éducation complète en usage dans les familles bourgeoises (études classiques, chant, piano, diction, leçons de maintien et des cours de dessin). Ayant une prédilection pour le dessin sa mère lui fait donner des cours presque particuliers à la mairie de Passy ce qui déterminera sa vie.

C'est à Varennes, au cours des vacances, qu'elle fera son premier portrait connu, celui du "Père Goix", cafetier, tonnelier et tambour du village, personnage épique pour ceux qui l'ont connu. Celui-ci affichera le portrait et décidera bien involontairement de la carrière future de Madeleine. Mlle de Bellecour, châtelaine de Langesse ayant vu le portrait, demandera à la rencontrer, la complimentera et lui donnera une lettre de recommandation pour l'Académie Julian (rue de Berri) où elle restera une dizaine d'années et y perfectionnera son art auprès des plus grands maîtres de l'époque.

C'est à cette époque (vers 1926) qu'elle fait la connaissance de Philippe Fieux (º07-12-1896 †11-02-1980) avec qui elle se mariera le 20 mars 1928 à Paris (16ème). Celui-ci devra reprendre ses études interrompues de dentiste et les réussir pour pouvoir épouser Madeleine ; ils s'établiront à Nantes. Elle reprendra des cours e dessin et y rencontrera Emile Simon alors professeur, de dessin à l’Ecole des Beaux-Arts et qui lui donnera des cours particuliers. Celui-ci allait devenir son mentor pour longtemps. Après un éloignement de deux années, elle allait revoir Emile Simon et ne plus le perdre de vue. Elle s'installera avec son mari, après le premier bombardement de Nantes, dans le manoir de Squividan près de Bénodet où avec Emile Simon elle s'adonnera à l'art dans un atelier situé au 2éme étage orienté au nord. Là, elle y accomplira ses œuvres, essentiellement des portraits de bretons émouvants et de proches, des natures mortes et des toiles de sujets religieux.

Émile Simon, ancien prix du concours de Rome en 1912, sera atteint d'une attaque d'hémiplégie droite en 1970 et décédera au manoir de Squividan le 25 septembre 1976 à l'âge de 86 ans révolus, laissant à ses amis Fié-Fieux son immense collection.

Madeleine Fié-Fieux sur la fin de sa vie, après un cambriolage, fera don de ses collections et de celles d'Emile Simon en 1990 au département du Finistère avec comme condition que le manoir de Squividan soit transformé en musée accessible au public, sa fortune allant à l'Association des Apprentis Orphelins d'Auteuil. Quelques années après, le département du Finistère, en plus de la propriété du manoir et des collections de tableaux, se verra attribuer un legs complémentaire de 10 millions de francs pour rénover le manoir. Le Conseil Général du Finistère doit, maintenant que Mme Fié-Fieux est décédée, se prononcer sur l'acceptation ou le refus de ce legs considérable et des conditions qui y sont liées.

Au paravant, une partie de ses tableaux, ceux liés au Loiret essentiellement, auront été légués en novembre 1985 à la commune de Varennes-Changy avec une condition d'exposition publique.
Vous pouvez admirer quelques-unes de ses toiles ou de celles d’Émile Simon en permanence à la mairie de Varennes.

Extrait de L'Echo des Loges . Bulletin Municipal de Varennes-Changy   Année 1995 et du catalogue 2 peintres témoins de la Bretagne textes et propos recueillis par le Dr Francois LE CORRE  Photographies du Dr Bernard GARCON Copyright 1987 .

Rencontre avec Madeleine qui nous parle de son petit pays natal...

Distinctions:
Sociétaire des Artistes Français: 1943
mention honorable pour son remarquable tableau "Vieux joueur de biniou breton"
Chevalier des Arts et des Lettres

    Photographies de toiles de Madeleine Fié-Fieux et Émile Simon.

MADELEINE FIÉ-FIEUX, L’ÉLÈVE DÉVOUÉE D’ÉMILE SIMON   par  Emmanuelle Volage (2020)

Madeleine vous parle ...

 

ADOLESCENCE                                                    
                                                                               
A Madame Madeleine Fié-Fieux
Fin juillet nous donnait Varennes… et les vacances,                                
Un bonheur affolé des devoirs et des jeux,                                                       
Des chemins embaumés, des samedis de danses,                                    
Des vaches à garder en des champs sablonneux,                                    
Nous « écalions » des noix tout un soir adorable
Où se réunissait les amis du quartier :                                                      
« Aurélie » et « Phyrin » étaient inénarrables                                           
Et nous les écoutions sans trop nous effrayer.                                         
L'omnibus à « Macé », tout vibrant de sonnailles                                      
Diligence modeste au trot tranquille et lent,                                                                                        
Amenait au Pays « bouelles » et « canailles »                                          
Surnommé « Parisiens » … qui venait d'Orléans…                                 
Il y avait aussi « Solut » garde-champêtre,                                              
« Barnum » et puis « Auclair », « Beau-Bouc » et les « Socios »,            
« Sageat » et son enclume, mon oncle « Berlingot »,                                
« Milo » le cher Milo avec son double mètre…                                       


Le dimanche arrivait au son chantant des cloches
Les vieilles en peinant se glissaient sur leur banc,
Tiraient leur chapelet et un sou, de leur poche,
Mangeaient le pain bénit et priaient… en dormant…

Un peu avant que soit commencé l'Évangile,
Vous arriviez si belle avec votre maman,
Vous portiez une ombrelle, une robe fragile
Festonnée ou brodée avec un beau ruban.
De mon coin, j'admirais votre « anglaise » si brune,
Que j'aurais bien aimé caresser de ma main…
Mais vous baissez les yeux -ô cruelle infortune !
Vos yeux que je savais en velours de satin…

Ces très chers souvenirs de notre adolescence,
Encor tout parfumés de fougère et de foin
Je les croyais perdu… ils n'étaient pas très loin…
Et je vous les redis, sûr de votre  indulgence…

 
Varennes en Gâtinais  (1970)                             LUC BONCRI 1 

                                                                                                                                                                 

Le musée départemental breton, Quimper.

Le manoir du Squividan  en Cornouaille par Anne Brignaudy.

Le coin des artistes-peintres (Emile Simon). 

1. Luc BONCRI (Pseudo) alias Lucien BRICON °24 sept 1899 Orléans †21 janvier 1986 Chateaudun. Orléanais, né d’un père du Loing et d’une mère du Loir. Son père Victor Pierre BRICON est originaire de Varennes (° 9 fevrier 1867 à Varennes).
        o Prix Alfred Menot en 1970 pour son poème "VAGABONDAGES"
       
o Grand Prix Ville de Montargis 1975 pour  "LE TRAIN NE SIFFLA QU'UNE FOIS"
        o Prix Laure Marché - Dreux 1970 pour "LA DAME BLANCHE"

        o Premier Prix Poème libre Ville de Montargis pour "MON GATINAIS LEGER"
        o Prince des Poètes, Académie du Quercy pour "
LE PARFUM DE VEZELAY"
        o Prix Berry-Orléanais Médaille d'Argent Ville d'Orléans pour
"DU VENT SUR MA MAISON"
        o Académie du Disque de Poésie 1973 pour
"NOEL AMER"

 

 

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Patrick PINON  29/04/2021