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 JENNY
 VIALON

  (pseudo: Jean-Jacques des Martels)


 



JENNY VIALON - Biographie


Marie Madeleine Jeanne Gabrielle (dite Jenny) Bardonnet des Martels (1816-1894)

Écrivaine / Pseudo : Jean-Jacques des Martels

Bio
 


Enfant
 

Marie Gabrielle VIALON  né le 26 août 1832 à Changy (45 Loiret)

Décédée le 20 juin 1845 (13 ans) au Deffon commune de Bayet (03 Allier)


Parents
 

Antoine BARDONNET des MARTELS º10 février 1787 Vichy, (03 Allier), †30 octobre 1854 Grand-Jouan - Nozay, (44 Loire- Atlantique)

Docteur en médecine à Aigueperse (Puy de Dôme), Propriétaire des "Terres de Changy" (565 hectares) de 1831-1837

et Marie Anne TEYSSIER  º1788 Marseille, mariés le 13 avril 1809 Paris 12ème, †2 février 1877 Neuilly sur Seine .

 

Notice Nécrologique


Frères
 

Claude BARDONNET de VILLEFORT

°7 juillet 1812 Aigueperse (63 Puy de Dôme) marié 7 novembre 1848 avec Aimée Joséphine Le Magnen (50 Cherbourg), †9 janvier 1881 Paris 10ème, 188 rue du faubourg St Martin. Inhumé au cimetière du Montparnasse


Isidore Anne Antoine

°7 juin 1809 Paris 5ème , †23 septembre 1836 Château des Muids, à 10h - La Ferté-Saint-Aubin, Loiret, à l'âge de 27 ans.

«Le drame des Muids » (23 septembre 1836) à La Ferté-Saint- Aubin»

Journal du Loiret, 28 septembre 1836 - page 2


Nécrologie

Mme Vialon, veuve du romancier Prosper Vialon et romancière elle-même vient de mourir à l’âge de 78 ans.
 

/… Sa veuve, restée sans ressources après avoir vécu dans le luxe, prit la plume à un âge déjà avancé
et composa des romans pour plusieurs journaux ; grâce à ce travail, elle eut le pain quotidien.
Elle vivait, entourée d’amis qu’attirait son caractère bienveillant et gai, dans un modeste rez-de-chaussée,
au n°34 de la rue Lhomond, Paris, C’est là que la mort est venue la trouver.
Tous ceux qui l’ont connue la regretteront : elle avait un excellent cœur, de l’esprit et une prodigieuse mémoire
qui lui fournissait d intarissables anecdotes sur le monde des lettres et des arts au temps lointain de sa splendeur.

 

Le Public 28 janvier 1894


Chronologie
       


Son ami Alexandre DUMAS Père 1


Extrait de LA VIE AU GRAND AIR
 

En ce temps, Dumas donnait un bon tiers de sa vie à la chasse, à la pêche et à la campagne ; le plus souvent, en compagnie de son ami, le romancier Prosper Vialon, dont la charmante femme chassait elle-même avec passion.

Mme Vialon, quand elle me conta ses chasses avec son grand frère et ami Alexandre, marchait sur ses soixante-dix-huit ans.
Son énergie physique était celle d'une femme de cinquante à cinquante-cinq ans, et la mort la surprit en train de faire ses préparatifs d'ouverture de la chasse.

Presque ruinée, elle écrivait alors sous son nom de jeune fille, J.-J. des Martels, avec lequel elle avait voulu gagner de quoi payer dix-huit mille francs de dettes contractées pour une maîtresse par son mari. Un genre de vengeance à elle : sublime vengeance !

Et, par ce trait de caractère, on peut voir que Dumas trouvait dans son entourage des modèles de valeur pour ses grandes figures de romans.

Chez Mme Vialon, il y avait un petit musée des souvenirs de Dumas. Je ne me lassais pas d'interroger : elle ne se fatiguait pas davantage de me répondre.

« C'est avec ce couteau de chasse, mon cher enfant, que j'eus le plaisir de servir

un sanglier sous les yeux de Dumas et de mon mari. Et voici, à côté de cette belle tête de Gaulois qui fut celle de mon pauvre Prosper, l’habit que je portais, ce jour mémorable. »

« Nous chassions en forêt d'Orléans, avec une vingtaine de chiens, un petit ragot assez méchant, de cent-soixante,

environ, qui tenait la ferme. Depuis longtemps, j'en avais assez de voir faire les autres, et je m'étais juré... Justement, Alexandre et Prosper galopaient assez loin derrière moi. Vite je saute à terre et, avant que les représentants du sexe fort aient pu me voler la place, je servais mon ragot sans autre mal qu'une bourrade de cochon qui me jeta dans un roncier. »

« Puis, da scène devint dramatique avec mon mari qui me relevait en me dévorant de baisers.

« - Laisse m'en un peu, criait Dumas en accourant ; elle est belle comme l'Antique ! »

Il me prit à plein corps et m'embrassa sur les deux joues. Et je crois, Dieu me pardonne ! qu'il pleurait.

Ce disant, Mme Vialon me montrait un joli bronze, souvenir offert par Dumas pour perpétuer l'hommage à ce beau courage : deux manuscrits du fécond écrivain, historiques merveilleux de ses chasses avec elle et Prosper Vialon, mais qu'elle avait dû promettre de ne jamais publier ; une petite trompe de rappel dont elle avait trouvé le son euphoniquement interrogatif, raison immédiatement péremptoire pour que Dumas l'a lui offrit, après l'avoir fait orner de gravures artistiques. […]
Il plaisantait parfois des faux chasseurs. Plus souvent, très compatissant aux faiblesses humaines, il les défendait. C'est ainsi qu'il sauva, un jour, la réputation de chasseur de Beauvallet2 , de la Comédie Française, et de Théodose Burette 3 , l'auteur de la rabelaisienne Physiologie du fumeur.
Ce dernier apportait à Jules Janin4 un faisan et une gigue de chevreuil. Et le prince de la critique se récriait, avec quelque incrédulité :

Sur ce, ouvrant la bourriche, il exhiba les preuves. Et Dumas entrevit avec horreur des légions d'asticots qui grouillaient sur la venaison, tandis qu'une atroce odeur empestait le cabinet de l'écrivain.

Déjà, Janin s'étreignait le nez et Burette sentait une sueur froide l'envahir, quand

Dumas vint à son secours. Il décrivit « le jour, le lieu de la chasse, l'essence même

de l'arbre sur lequel le faisan était tombé ! ». Il peignit la patience de Burette à l'affût « dans la haie du Moulinet »; il accusa les mouches, l'orage, « le sexe de l’animal… », que sais-je encore !

Or, Burette tenait le tout d’une coquetière de Nogent-sur- Vernisson, dénommée la Chanterelle, à cause de son habileté à attirer à elle le gibier des braconniers du pays. […]


Marc de Brus5 La Liberté 10 aout 1902


1. Alexandre DUMAS (1802-1870) Écrivain auteur de Les trois mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, ...

2 Pierre-François BEAUVALLET  (1801 Pithiviers -1873 Paris) acteur, auteur dramatique, membre de la Comédie Française (1832)

    3 Théodose BURETTE (184-1847) Historien. - Professeur d'histoire au Collège Stanislas à Paris

 

      4 . Jules JANIN (16 fév. 1804 St Etienne – 19 juin 1874 Paris 16), écrivain, critique dramatique, membre de l'Académie Française (1870)


    5

Marc MAURIN de BRUS (1861 – 1914) Chasseur, Journaliste, fonde en 1890 le « Chasseur Illustré », crée en 1902 la « Société des Chasseurs de France »

 

 

Extrait - LES NOCES D'OR DE L'AMITIÉ (DIVERSES SILHOUETTES D'ALEXANDRE DUMAS par Jean-Jacques DES MARTELS)


[…] Au mois d'août dernier, il y a eu cinquante ans que Dumas a été amené à Changy-des-Bois — en Gâtinais —

par Beauvallet de la Comédie-Française, pour prendre part aux fêtes du baptême7 d'une chère âme, et le lendemain à une

magistrale ouverture de chasse. Que de deuils, hélas ! nous séparent de ces jours heureux ! […]

Jean-Jacques DES MARTELS / « La Jeune France » 1 août 1886 p84
 


 

 

    Manuscrit autographe signé, [juillet 1857]

 

   
Hommage à Pierre-Jean de Béranger , publié dans Le Monte-Cristo du 30 juillet 1857.
   
Le manuscrit porte à la fin une dédicace (le nom de la dédicataire et du lieu ont été surchargés):
    «Offert avec tous les respects du cœur à Madame P. Vialon à la Houssières9»

    
Alexandre DUMAS père - Lot 248    

 

     [7]Peut-être lors du baptême de Marie Gabrielle Vialon (º 26 août 1832 - Changy)

 

       [8] Gentilhommière de La Houssière commune de Varennes, Indre et Loire
Après avoir appartenu au XVIIème siècle à la famille de Quinemont, au XVIIIème aux de Ponard et au XIXème aux de Saint-Denis, ce castel fut loué vers 1855 par le journaliste Prosper Vialon.
Alexandre Dumas fils et George Sand y passèrent quelques jours en juillet 1857:
«…  en juillet il séjourne à La Houssière  près de Ligueil, chez Prosper Vialon, où il chasse, pêche,
cuisine, …»




Correspondance avec George SAND1


 

Agendas Tome 1


Lundi 30 juillet 1855 – Nohant.

Mr et Mme Vialon sont à La Châtre; on leur écrit de venir dîner le soir. Ils viennent. Jardin,causerie; une demoiselle et Mrs Dysley viennent les chercher…
 

Mardi 7 aout 1855 - Nohant (AM).

   Madame va bien. Temps frais et couvert. Evenor[2] .Bain moins Maurice[3] et Thiron[4]. Diner. Arrivée de Mme Vialon qui assiste à une représentation de marionnettes : Les filles brunes de Ferrare ou le danger des mauvaises connaissances : charmant premier acte, ravissant ! ravissant ! Arrivée de Mr Vialon qui assiste au 2ème acte fort raté. Licaca[5] a fait un intermède charmant.


    [1]George SAND (1804 Paris – 1876 Nohant) Écrivaine La Mare au Diable, La Petite Fadette, …
 

    [2]Evenor et Leucippe (3 tomes 1856)
 

    [3]Maurice SAND (1823 – 1889) fils de George Sand, Écrivain, Marionnettiste
  
[4Charles THIRON (1830 – 1891) Acteur
 

   [5]LICACA, Marionnette Nègre acrobatique

 

George SAND (1804-1876). Ref Auction

L.A.S., 9 août 1856, [à Mlle Vialon ?] ; 1 page in-16.
 


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Nohant, 7 février 1857.[1]


Chère, je veux vous écrire aujourd'hui que je me porte bien. Je vois que vous avez gardé sur le cœur un sermon maternel que vous m'avez arraché autrefois et que vous ne méritez plus, j'en suis bien sûre. Oubliez-le donc comme je l'ai oublié moi-même, car je ne sais véritablement plus ce que je me suis permis de vous dire. Il me semble seulement que c'était à propos d'un chagrin que vous nourrissiez comme une plaie à laquelle on touche trop et à laquelle on veut appliquer des remèdes plus bizarres et plus capricieux que logiques et salutaires. Si, en vous contrariant, j'ai pu vous détacher de l'empirisme, je ne me repens pas de ma brutalité. Ce que je sais, c'est que vous m'en avez remercié avec une franchise et une bonté charmante et que, si l'amour-propre est le défaut de Jenny, comme vous le prétendez, il n'empêche pas l'excellence du cœur et du caractère.

Dites à Prosper que Fadette a l'air de se plaire beaucoup ici, qu'elle mange de grand appétit et que Sylvain, qui l'a prise en passion, répond de la rendre grasse, luisante et magnifique, avant qu'il soit deux mois. Elle fait l'admiration de tout le monde et parait très sensible aux amitiés, car elle me tend son menton pour être caressée, en fermant les yeux d'un air de béatitude. Dites-lui aussi que l'on m'a gardé du chevreuil et que, comme je mange à présent, celui-là m'a paru le meilleur que j'aie jamais goûté. La bourse est aussi un objet d’admiration ; avec quels yeux faites- vous ces points invisibles C'est merveilleux.

Quant à nos chambres chez vous, c'est trop aimable et trop hon de croire que nous irions en masse vous accabler, quand même nous serions assez barbares pour une pareille invasion ! Dieu sait quand nous serions libres d'aller tous en promenade. Pour moi surtout, l'idée de cette liberté est un rêve ajourné à je ne sais quelle calende fantastique, car plus je vais, plus je m'encombre d'occupations, sans issue pour la plupart.
Amitiés et remerciements de cœur. Mes hôtes, qui se réduisent à deux, Emile et Manceau, vous envoient leurs respectueux hommages et poignées de main au père de famille.
On me dit qu'à Clion[2]et dans les environs, on trouve, à très bon marché, de très bon vin (ordinaire).
Est-ce vrai et pouvez-vous me donner quelques renseignements à ce sujet ?
J'espère que vous ne m'oubliez pas auprès de votre aimable fille et qu'elle est revenue saine et sauve de son voyage et de son rhume


George SAND.
 

      [1] Cette lettre est datée de février 1857 elle est, comme les précédentes, écrite de Nohant, mais elle est adressée à la femme de Prosper Vialon, Jenny Vialon […]
 

[2]CLION commune de l'Indre, au N. W. de Buzançais .Proche de La Houssière par Ligueil, résidence des Vialon


Poèmes
 

Ballade du vieux Baudet

(Poème de Maurice Rollinat15


A madame Jenny Vialon

En automne, à cette heure où le soir triomphant
Inonde à flots muets la campagne amaigrie,
Rien ne m’amusait plus, lorsque j’étais enfant,
Que d’aller chercher l’âne au fond d’une prairie
Et de le ramener jusqu’à son écurie.
En vain le vieux baudet sentait ses dents jaunir,
Ses sabots s’écailler, sa peau se racornir :
À ma vue il songeait aux galops de la veille,
Et parmi les chardons commençant à brunir
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.

Alors je l’enfourchais et ma blouse en bouffant
Claquait comme un drapeau dans la bise en furie
Qui, par les chemins creux, tantôt m’ébouriffant,
Tantôt me suffoquant sous la nue assombrie,
Déchaînait contre moi toute sa soufflerie.
Quel train ! Parfois ayant grand ’peine à me tenir,
Ses reins coupants et d’une âpreté sans pareille ;
Mais lui, fier d’un jarret qui semblait rajeunir,
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.

Nous allions ventre à terre, et l’églantier griffant,
Les ajoncs, les genêts, la hutte rabougrie,
Les mètres de cailloux, le chêne qui se fend,
La ruine, le roc, la barrière pourrie
Passaient et s’enfuyaient comme une songerie.
Et puis nous approchions : plus qu’un trot à fournir !
Dans l’ombre où tout venait se confondre et s’unir,
L’âne flairait l’étable avec son mur à treille,
Et sachant que sa course allait bientôt finir,
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.

ENVOI.
Du fond de ma tristesse entends-moi te bénir,
Ô mon passé ! — Je t’aime, et tout mon souvenir
Revoit le vieux baudet dans la brume vermeille,
Tel qu’autrefois, lorsqu’en me regardant venir
Il se mettait à braire et redressait l’oreille.
 

15 Maurice ROLLINAT (1846 Châteauroux - 1903 Ivry sur Seine), Poète, Œuvres: Dans les brandes (1877) Les Névroses (1883) l’Abime (1886)

 


Livres – Revues


Nemrod, Martial et Bellone
(JEAN-JACQUES DES MARTELSLS.1882)

 

[…] Le désespoir de Martial était navrant. Il s'écriait entre des sanglots : — Ma Bellone qu'avaient épargnée les balles et les boulets de tous les champs de bataille ! Ma pauvre femme qui avait échappé à l'incendie de Moscou et aux frimas des steppes ! Ma Bellone est venue mourir là !

Et tous nous répondîmes du fond du cœur :

    [1] SPIRITISME : Encyclopédie Spirite
    [2] Pierre-Gaëtan LEYMARIE (1827-1901) Éditeur et propagateur du spiritisme, directeur de la Revue Spirite
    [3] Oscar MÉTÉNIER (1859-1913) Ecrivain, Dramaturge
   
[4]
Edouard BUGUET (1840-1890) photographe, médium

 


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